|
|
Economie du Morbihan
Agriculture, agroalimentaire, activités liées à la mer, tourisme : telles sont les activités dominantes de l'économie morbihannaise. Les grandes entreprises côtoient un réseau dense de PME-PMI et
d'entreprises artisanales se distinguant par leur savoir-faire et leur capacité à innover.
Des secteurs économiques dominants confrontés à de profondes mutations En dépit des
mutations importantes que connaît l’agriculture, ce secteur
garde une place prépondérante dans l’économie morbihannaise. Le secteur secondaire est dominé par les grands groupes agroalimentaires qui côtoient un réseau dense de PME-PMI et d’entreprises artisanales se distinguant par leur savoir-faire et leur capacité à innover. La construction reste une activité majeure en raison du marché des résidences secondaires et de la préférence marquée des bretons pour la maison individuelle. Le secteur tertiaire, même s’il est moins développé qu’ailleurs, mobilise 65 % des emplois, avec un secteur bancaire actif et une grande distribution très présente. L’activité touristique contribue pour environ 10 à 15 % du PIB, à la richesse du département.
Des secteurs économiques dominants confrontés à de profondes mutations
En dépit des mutations importantes que connaît l’agriculture, ce secteur garde une place
prépondérante dans l’économie morbihannaise. Le secteur secondaire est dominé par les grands groupes agroalimentaires qui côtoient un réseau dense de PME-PMI et d’entreprises artisanales se
distinguant par leur savoir-faire et leur capacité à
innover. La construction reste une activité majeure en raison du marché des résidences secondaires et de la préférence marquée des bretons pour la maison individuelle. Le secteur tertiaire, même s’il est moins développé qu’ailleurs, mobilise 65 % des emplois, avec un secteur bancaire actif et une grande distribution très présente. L’activité touristique contribue pour environ 10 à 15 % du PIB, à la richesse du département.
Une filière agricole et agroalimentaire ébranlée par des crises successives
L’agriculture morbihannaise poursuit son adaptation à un rythme soutenu : la surface moyenne des
exploitations augmente au fur et à mesure que diminue leur nombre : 46 555 exploitations employant 130 000 actifs au début des années 50, 9 992 exploitations et 17 944 actifs aujourd’hui
(données 2003)
Dans le même temps, la production agricole finale a été multipliée par quatre. Elle est égale en 2003 à 1 551 millions d’euros, et représente 2,5 % de la production
française, ce qui situe le Morbihan au 6ème rang national. En revanche, il n’est que 23ème pour la valeur ajoutée brute et 67ème pour le revenu agricole moyen.
Tournée principalement
vers l’élevage intensif, c’est dans le domaine des productions animales que l’agriculture apporte sa contribution à l’économie départementale, et plus
particulièrement dans celui de l’aviculture de chair (1er département français), de la production porcine (3ème rang) et des livraisons de lait (6ème rang). L’ensemble des productions animales constitue plus de 75 % de la production agricole finale.
Les entreprises agroalimentaires
constituent le second maillon de la filière alimentaire. Elles emploient 43 % des salariés de l’industrie (soit en 2001, 20 200 personnes, dont 70 % dans la seule industrie de la viande). Elles sont fortement concentrées dans des zones et des bassins d’emploi qui présentent toutes les caractéristiques de la mono-activité. Il s’agit essentiellement d’activités de première transformation (abattage, découpe) mais qui progressivement s’orientent vers une plus forte valeur ajoutée (plats cuisinés). Leur chiffre d’affaires est deux fois supérieur à celui de l’agriculture.
Des crises affectent les différentes filières depuis plusieurs années sans qu’aient été enrayés, jusqu’en 2002, les investissements et les créations d’emploi (8000 entre 1996 et 2002).
Ce n’est qu’à partir de 2003 et surtout 2004, que les restructurations de grands groupes, accompagnées de fermetures d’unités de production, ont confirmé les profondes mutations en cours.
Ainsi, cinq sites industriels ont été touchés par des reconversions et des licenciements (près de 1200).
Ces crises, à caractère international et structurel, mettent en évidence la
nécessité d’adapter le modèle de production actuel aux nouvelles attentes des consommateurs, aux nouvelles
exigences de la société en matière d’environnement, et aux mutations de l’économie qu’impliquent l’élargissement de l’Europe et la mondialisation des échanges. Dans ce contexte, l’agriculture morbihannaise est amenée à réorienter ses activités au travers de l’augmentation de la valeur ajoutée et la diversification des produits, l’amélioration de la sécurité sanitaire et de la qualité des produits, mais aussi en mettant en place une stratégie commerciale affûtée. La préservation de l’environnement, le développement de la « multifonctionnalité » et le maintien du tissu rural font également partie de ses priorités.
Une production énergique insuffisante, source de vulnérabilité
La Bretagne se caractérise par une forte dépendance énergétique : elle ne produit que 5 % de ses besoins en électricité.
A ce handicap s’ajoute une vulnérabilité de son approvisionnement électrique en période de pointe de consommation, puisque son caractère péninsulaire
induit des pertes en lignes. Deuxième région la plus ventée après le Languedoc-Roussillon, la Bretagne possède un fort potentiel de production d’électricité d’origine éolienne qui peut être estimé à plus de 100 000 MW, et qui pour l’instant est sous-exploité. A ce jour, dans le Morbihan, la puissance raccordée des parcs éoliens autorisés s’élève à 42,5 MW et celle des parcs en cours d’instruction à 63,6 MW, soit un total de 106 MW (1 MW répond globalement aux besoins en électricité d’une population de 1000 habitants). Les autres sources d’énergie renouvelables (solaire, fumier de volaille…) sont également très minoritaires. Par ailleurs, le positionnement d’entreprises morbihannaises ayant un savoir faire avéré (matériaux composites, navires de haute compétition) sur le marché des composants d’éoliennes doit être étudié.
La Marine, la construction et la réparation navale, ont subi de profonds bouleversements auxquels la région lorientaise a su faire face.
Ce secteur d’activité fait face à de profondes
mutations. Historiquement, la présence de la Marine nationale et de la construction navale militaire représente un poids économique et social considérable dans la région lorientaise. Or 5000
emplois ont été perdus depuis 1994 dans ces activités, si l’on
additionne les effets des restructurations de défense sur la Marine, sur la Direction de la construction navale (DCN) et sur les sous-traitants..
Les mesures d’accompagnement mises en place
en faveur de la sous-traitance
ont permis d’éviter des tensions sociales majeures, tout en conservant sur le bassin d’emploi des compétences à nouveau très sollicitées, tant par la construction navale militaire que par la construction et la réparation navales civiles. Aujourd’hui, Lorient reste un établissement actif de la DCN (2000 salariés) dans la construction de navires de moyen tonnage pour la Marine nationale et l’exportation. L’implantation à Lorient de DCN-ingénierie est riche de promesses par l’émergence d’un pôle tertiaire susceptible d’établir des coopérations avec les constructeurs privés. La construction navale civile, sous l’impulsion notamment d’Alstom-Leroux Naval (filiale des chantiers de l’atlantique), se modernise elle aussi.
Le désengagement de la Marine et le resserrement des activités de la DCN libèrent d’importants espaces, qui, à terme, ont vocation à s’intégrer soit dans le tissu urbain de la ville de
Lorient, soit dans les zones affectées au développement local.
Autrefois entreprises de « loueurs d’hommes », les sous-traitants de la construction et réparation navales se transforment
en entreprises capables de prendre en charge des tâches complexes. Ils diversifient leurs activités et travaillent désormais pour d’autres secteurs industriels. Désormais, un tissu actif de
petits fabricants de biens intermédiaires pour l’industrie agroalimentaire (transformation du poisson) et de biens de consommation, contribue à faire de Lorient un pôle industriel qui a
retrouvé un dynamisme certain.
La pêche et les cultures marines, des secteurs traditionnels qui doivent aussi faire face à des évolutions majeures, dans des domaines très différents
Si
la pêche maritime demeure un élément majeur de l’économie du département, le nombre de marins pêcheurs (2180 fin 2003) diminue régulièrement dans la pêche au large et, dans une moindre mesure,
dans la pêche côtière ; les effectifs de la petite pêche et de la conchyliculture petite pêche (61 % du total) sont stables. Le nombre de navires, en diminution aussi, a pour corollaire une
érosion encore plus forte de la puissance de la flotte. Les armements industriels sont en effet les plus concernés (disparition notamment en 2003 de
l’armement Jégo-Quéré). Désormais, un seul armement de pêche industrielle est présent sur Lorient : Intermarché
28 589 tonnes de poissons ont été débarquées en 2003, pour une valeur de 80 224
000 €. Plus de 90 % de
ces apports transitent par le port de Lorient, (3ème port français en valeur) géré par la SEM Lorient-Kéroman qui, fin 2002 dans une situation financière désastreuse, fait l’objet d’un plan de redressement ambitieux.
L’évolution récente du secteur des pêches maritimes a été marquée par une profonde crise au début des années 1990, imputable à l’ internationalisation croissante des échanges, à la
raréfaction de la ressource, et aux quotas européens
Malgré la baisse irrémédiable de son tonnage depuis 1990, la place lorientaise affiche une santé certaine avec un chiffre d’affaires
estimé à 217 millions d’euros en 2003, dont un tiers seulement est généré par
les captures débarquées et vendues sur le site. Le deuxième tiers correspond aux produits frais achetés par les mareyeurs dans d’autres ports, et le troisième recouvre les produits congelés ou transformés sur place. Le port est à la fois un outil de débarquement et une place de commercialisation et de transformation des produits de la pêche. Cette situation, générée par le maintien de la pêche industrielle, permet de conforter et de maintenir une flottille artisanale et de diversifier les apports.
Les opérateurs de la filière pêche, qui ont fondé leur position sur la diversité des métiers pratiqués, le savoir-faire des hommes et sur l’adaptation des
structures collectives, s’imposent désormais des objectifs de meilleure valorisation des productions, une organisation plus précise de la commercialisation, des impératifs de qualité, de certification et de normalisation, et la modernisation des entreprises et des équipements collectifs.
Les cultures marines, essentiellement l’ostréiculture et la mytiliculture, constituent un secteur économique dynamique. Le Morbihan est le 1er département en
surfaces ostréicoles avec 6070 ha de surfaces concédées, dont 2600 en eau profonde dans la baie de Quiberon. En termes de production, il occupe la 2ème place avec 23 300 tonnes produites en 2003 pour une valeur de 49,3 millions d’euros (21 400 tonnes d’huîtres, 1900 tonnes de moules et 500 tonnes de palourdes) ; cette activité procure 1160 emplois directs et génère environ 2000 emplois indirects. Les entreprises à caractère industriel cohabitent avec des établissements à structure familiale pour assurer des ventes en gros ou au détail.
Le schéma départemental des structures permet d’éviter à la fois un morcellement des exploitations qui pourraient ne plus être rentables, et une trop forte concentration qui nuirait aux lois
du marché. Il n’a pu toutefois enrayer l’augmentation des surfaces concédées, et ses conséquences en termes de cohabitation avec les autres usagers des plans d’eau.
Même si les installations
bénéficient aujourd’hui d’un haut niveau de normes
sanitaires, le secteur doit s’engager dans un programme d’actions visant à pérenniser son activité au regard des contraintes du milieu (maintien d’un niveau optimal de la qualité des eaux, lutte contre les risques de mortalité des coquillages et protection de ces derniers contre les compétiteurs). L’entretien et l’aménagement des zones aquacoles figurent aussi dans ses priorités, afin de prendre en compte la dimension environnementale et paysagère de la conchyliculture.
Le tourisme : une ressource dont il faut gérer l’impact
Le Morbihan tient une place prépondérante dans le tourisme breton. Ses nombreux attraits naturels, historiques, architecturaux
et archéologiques, sa situation maritime et géographique, son climat en font un des départements les plus pittoresques de France. Aujourd’hui, le tourisme morbihannais représente près de 35 %
de l’activité régionale pour la période estivale et plus de 50 % pour la période hivernale.
Avec 3 600 000 visiteurs et 28 millions de nuitées, l’impact du tourisme sur l’économie du
Morbihan est évalué à un chiffre allant de 1 à 1,5 milliard d’euros, soit 10 à 15 % du PIB. Cette large fourchette s’explique par la difficulté d’évaluer son incidence réelle dans un certain
nombre de secteurs (le commerce, le bâtiment, le nautisme…). En haute saison, environ 30 000 personnes
ont une activité liée directement ou indirectement au tourisme. Malgré les progrès notables, le tourisme morbihannais reste d’abord une activité saisonnière, avec les conséquences que cela implique en matière de rentabilité des équipements publics et privés, et en matière d’emploi.
Le développement du tourisme urbain, culturel, technique et industriel, qui peut faire l’objet de courts séjours hivernaux, est désormais
une priorité. De même, Le développement du tourisme en milieu rural peut contribuer à ralentir la déprise économique et relancer l’économie locale ; le marché du tourisme vert en France se porte en effet bien, il connaît actuellement un très bon taux de croissance.
Les espaces littoraux concentrent une part importante des activités et de la fréquentation touristique. Il convient d’en maîtriser l’impact sur l’environnement, afin de préserver le caractère
d’authenticité des sites,
du patrimoine, de la culture locale, et donc leur potentiel attractif pour l’avenir. A cet égard, l’impact grandissant des campings transformés en parcs de « mobile homes» est à prendre en compte.
La situation de l’emploi est le reflet du dynamisme de l’économie, mais aussi de ses difficultés
Les acteurs économiques, et les morbihannais en général, font preuve d’un dynamisme
remarquable, qui semble leur permettre de mieux affronter les crises, de mieux intégrer les contraintes nouvelles, et aussi de mieux saisir les opportunités qui s’offrent à eux. C’est ainsi que
les secteurs de l’agriculture et l’agroalimentaire, loin d’accepter avec
fatalisme les crises successives, se sont engagés dans une profonde mutation, comme l’ont fait avant eux le secteur de la pêche et celui de la construction navale.
Ce dynamisme se traduit
aussi par un taux de création d’entreprises toujours supérieur à la moyenne régionale et nationale (en 2002 : 11,2 % contre respectivement 10,5 % et 10,9 %). L’économie morbihannaise a connu au
cours de la dernière décennie une croissance soutenue (environ 3 % l’an), globalement créatrice d’emplois.
A partir de 2002, s’amorce toutefois, sinon une baisse de l’emploi industriel, du
moins un net ralentissement de sa progression, due très majoritairement (90 %) à l’industrie
agro-alimentaire. Ce secteur n’a pas supprimé de façon massive des emplois, mais il a cependant fortement limité le recours à l’intérim et aux contrats à durée déterminée. De même, les activités d’équipement et de transport souffrent de la baisse d’activité et de la faiblesse des investissements ; les secteurs de la confection et de l’habillement connaissent également une contraction des effectifs. Les activités de fonderie ont connu un exercice 2003 difficile et l’année 2004 n’est guère meilleure. Il convient toutefois de rappeler que le secteur tertiaire occupe 66 % de la population active et est le principal créateur d’emplois.
Les évolutions conjoncturelles
précitées se traduisent dans la situation du marché de l’emploi, mais d’autres facteurs, démographiques et comportementaux entrent aussi en ligne de compte A la baisse très importante du chômage entre 1996 et 2001, a succédé depuis une nouvelle progression, plus faible toutefois qu’au niveau régional et national . Le taux de chômage départemental est depuis 1993 inférieur au taux national et il se rapproche du taux régional.
Parallèlement, des difficultés de recrutement sont apparues dans les secteurs du bâtiment, de la métallurgie et de l’hôtellerie restauration.
Un certain nombre de tendances lourdes doivent être surveillées :
- la précarisation
de l’emploi : les contrats à durée indéterminée deviennent exceptionnels dans les offres d’emploi ; les jeunes sont donc confrontés lors de leur entrée dans la vie active à la précarité de leur situation ;
- un noyau dur constitué de demandeurs inscrits depuis plusieurs années, s’est constitué ; en l’absence de soutien familial, ces personnes basculent dans l’exclusion ; - face à des taux de
réussite scolaire particulièrement élevés, la faible qualification des emplois offerts constitue un lourd handicap qui pousse les actifs les plus diplômés à « s’expatrier ».
Les enjeux
- l’inadéquation du modèle agro-industriel sur lequel son développement économique a été basé depuis les années 50, mise en évidence par les crises qui ont affecté et affectent encore
successivement différentes filières : porcine, laitière, avicole ; - la forte pression exercée par les activités touristiques et les activités agricoles et agroalimentaires sur
l’environnement ; - la reconversion des activités traditionnelles exercées sur le bassin d’emploi de Lorient ; - la faiblesse et la vulnérabilité de sa production énergétique ;
- à plus ou moins long terme, la diminution de la population active disponible posera un réel problème aux employeurs
|